Pierre-Auguste Renoir, dit Auguste Renoir, naît à Limoges à 6 heures du matin, au no 71 de l'actuel boulevard Gambetta, ancien boulevard Sainte-Catherine, le 25 février 1841. Il est le sixième de sept enfants, issu d'une famille d'artisans. Son père, Léonard Renoir (6 juillet 1799 - 22 décembre 1874) est tailleur, sa mère, Marguerite Merlet (18 septembre 1807 - 12 novembre 1896) est couturière. La famille vit alors assez pauvrement. En 1844, la famille Renoir quitte Limoges pour Paris, où le père espère améliorer sa situation. Ils s'installent au 16 rue de la Bibliothèque mais doivent déménager en 1855 au 23 rue d'Argenteuil. Pierre-Auguste y suit sa scolarité. La famille doit bientôt de nouveau déménager rue des Gravilliers. À l’âge de 13 ans, il entre comme apprenti à l’atelier de porcelaine Lévy Frères & Compagnie pour y faire la décoration des pièces. Dans le même temps, il fréquente les cours du soir de l’École de dessin et d’arts décoratifs jusqu’en 1862. À cette période, il suit des cours de musique avec Charles Gounod qui remarque cet élève intelligent et doué.
En 1858 à l’âge de 17 ans, pour gagner sa vie, il décide de peindre des éventails et colorie des armoiries pour son frère Henri, graveur en héraldique. En 1860, il s'inscrit au Louvre pour copier des tableaux anciens et entre l'année suivante à l’École des beaux-arts de Paris, dans l'atelier de Charles Gleyre (1806-1874), où il rencontre Frédéric Bazille (1841-1870), Claude Monet, et Alfred Sisley. Une solide amitié se noue entre les quatre jeunes gens qui vont souvent peindre en plein air dans la forêt de Fontainebleau. Il y fait la connaissance des peintres de l'École de Barbizon dont Diaz de la Peña et peint pour la famille Lacaux qui y séjournait, un portrait d'enfant, conservé au Cleveland Museum. Après une tentative infructueuse en 1863, son premier tableau est accepté au Salon de 1864, l'année où il peint la petite Romaine Lacaux. Il s'agit de l’Esméralda qui connaît un véritable succès, mais après l’exposition, il la détruit. Ses relations avec Gleyre finissent par se détériorer peu à peu et lorsque ce dernier prend sa retraite en 1864, il quitte les Beaux-Arts. Les œuvres de cette période sont marquées par l'influence d'Ingres et de Dehodencq dans les portraits, de Gustave Courbet (particulièrement dans les natures mortes), mais aussi d'Eugène Delacroix, à qui il emprunte certains thèmes. Les femmes orientales, par exemple, sont visibles en 1872 dans sa toile Parisiennes habillées en Algériennes. En avril 1865, il se lie d'amitié avec le peintre Jules Le Cœur qui participa au Salon des refusés de 1863. Jules loue une maison à Bourron-Marlotte, près de la forêt de Fontainebleau qui devient rapidement le lieu de rencontre de Renoir et de ses amis artistes Claude Monet et Alfred Sisley. Renoir y rencontre la compagne de Jules, Clémence Tréhot, dont la sœur, Lise, devient sa compagne et son modèle préféré pendant les sept ou huit années suivantes. Jules aide Renoir à plusieurs reprises en lui commandant des portraits de membres de sa famille et la décoration du plafond d'une pièce du palais du prince Georges Bibesco.